Portrait Une Ivoirienne raconte l’Afrique à travers des films d’animation
Donner vie au patrimoine culturel africain à travers des films d’animation réalisés par des Africains pour des Africains, est le pari réussi de l’Ivoirienne Adja Soro, productrice, scénariste, réalisatrice et éditrice jeunesse. Adja est la fondatrice de « Studio KÄ », un studio d’animation basé en Côte d’Ivoire qui propose des œuvres en 2D et en 3D racontant l’Afrique sous toutes ses facettes, tout en célébrant les valeurs universelles.
C’est en 2019 que l’Ivoirienne a créé son studio, après plusieurs années passées dans le secteur de l’édition jeunesse. Ce nouveau cap est né de son désir d’élargir l’audience de ses contenus, porteurs de messages universels ancrés dans des références culturelles et sociales africaines encore peu exploitées.
« La création de Studio KÄ répondait à une volonté d’amplifier notre impact. Avec Voyelles Éditions, nous avons su raconter l’Afrique à travers des livres et jeux pédagogiques décomplexés, accessibles et engagés, mais leur portée restait limitée par leur format physique », indique Adja dans un entretien accordé à la dpa. « L’animation nous permet d’aller plus loin : elle donne aux enfants la possibilité de s’identifier à des héros qui leur ressemblent, qui parlent leurs langues, portent leurs vêtements et vivent dans leur contexte », ajoute-t-elle.
Selon l’entrepreneure, l’objectif de son studio est de proposer une nouvelle image de l’Afrique, en abordant des sujets contemporains, à la fois accessibles aux jeunes publics africains, mais aussi à ceux issus de la diaspora, en quête de récits qui leur ressemblent et les valorisent. Pour Adja, le secteur fait encore face à quelques défis liés notamment à la formation, au cadre juridique.
« La priorité aujourd’hui est d’améliorer la formation de techniciens en vue de garantir un haut niveau de production et de mettre en place un cadre favorable au développement industriel, dont des lois adaptées, des mécanismes fiscaux incitatifs, des traités de coproduction, ainsi qu’un vrai dispositif de distribution à l’échelle continentale puis internationale », plaide-t-elle.
Se disant « satisfaite » des progrès accomplis, notamment en matière de visibilité à l’échelle locale et internationale, Adja se prépare actuellement à proposer très bientôt des productions animées destinées au grand public. Son souhait est de bâtir une marque emblématique de l’animation africaine, à l’image de ce qu’a accompli Hayao Miyazaki pour le Japon.
En 2024, Adja a été classée comme l’une des quatre cheffes d’entreprises africaines inspirantes lauréates du prix Awa, une compétition organisée par l’Agence belge de développement (Enabel), qui met en lumière les entrepreneures issues des pays de la Coopération belge et leurs projets.
